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Interpellation citoyenne sur le risque nucléaire :Extrait du procès verbal du Conseil communal du 28 mai 2018

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Muñoz Sanchez, A. Rassili, Mme J. Lejeune, Mme C. Bernardin-Bosard, MM. G. Li Vecchi, R. Lahaye, Mme A-M Hannon, M. Cédric Marguillier et M. W. Delaitte, Conseillers. M. J-F Bourlet, Président du CPAS (avec voix consultative). M. W. Herben, Directeur général. Excusée : Mme A. Russillo, Conseillère. Séance publique : Interpellation citoyenne portant sur le risque nucléaire

Interpellation citoyenne sur le risque nucléaire :Extrait du procès verbal du Conseil communal du 28 mai 2018

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Quand ? Du 05/07/2018 à 07:15
au 06/08/2018 à 08:15
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Le Président explique que M. LOOZE a souhaité user du droit d’interpellation au Conseil pour exposer aux conseillers ses inquiétudes sur le risque nucléaire et présenter ses interrogations sur les mesures prises par les autorités publiques.

M. LOOZE est invité à exposer ses questions en séance publique  dans le respect des règles organisant la prise de parole au sein de l’assemblée.

M. Looze donne lecture de son interpellation ainsi formulée :

« Le 25 juin de l’année passée 50.000 personnes se sont donné la main pour demander la fermeture de la centrale de Tihange. Le nombre de manifestants en a surpris plus d’un. Très remarquée aussi a été l'absence de réaction du monde politique à la suite de cet événement extraordinaire.

Ce qui a prévalu à la mise en œuvre de la filière nucléaire, c'est l’absence de débat démocratique et une propagande étatique mensongère, celle d’une énergie qui serait illimitée bon marché et sans danger ; tout ceci est contredit par la commémoration du septième anniversaire de l'explosion de Fukushima, qui est encore aujourd'hui une source de pollution radioactive vu que les techniciens n'ont toujours pas les moyens de nettoyer les restes de combustible nucléaire. C’est le 4ème   accident grave connu d'une installation nucléaire, après celui de Tchernobyl en 1986, Three Miles Island en 1979 aux USA, Mayak (appelé aussi Kychtym) en URSS en 1957.

Plus grave encore, en 1960 les dirigeants de 16 pays européens, dont la Belgique, se sont entendus pour signer la Convention de Paris qui avait pour but de limiter la responsabilité financière de l’opérateur en cas d’accident nucléaire, aucune compagnie d'assurance ne  voulant couvrir le risque nucléaire considéré comme trop élevé. Sans cette Convention unique en son genre, jamais l’industrie nucléaire n’aurait pu se développer en Europe.

Il est utile de souligner ici qu'un accident majeur à Tihange signifierait la fin de la vie telle  que nous la connaissons et, en fait, la fin de la Wallonie en tant que région. Que le coût d’un tel accidents élèverait à plusieurs milliers de milliards d’euros sans qu’il soit possible de chiffrer la misère sanitaire et psychologique dans laquelle s’enfonceraient les Wallons, condamnés, soit à  quitter leur pays en abandonnant tous leurs biens - mais pour aller où, soit à vivre dans un territoire contaminé pour les plus pauvres d’entre eux.

Que sur ce montant l’opérateur, Engie-Electrabel, n'aurait à débourser qu’1,2 milliards, soit moins que son bénéfice de certaines années et moins qu’un millième du coût du désastre.

Qui sont les responsables de cette situation dantesque dans laquelle se trouve la Belgique ? Évidemment les membres du gouvernement belge qui ont approuvé la signature de la Convention en 1960 mais plus encore, les membres des gouvernements qui ont récidivé en accordant par trois foi la prolongation de réacteurs usés et d'autant plus dangereux: en 2003 sous le gouvernement Verhofstadt en 2012 sous le gouvernement Di Rupo et en 2015 sous Je gouvernement Michel.

Au vu de cet état des lieux, il est temps que le monde politique tous partis confondus assume ses erreurs en mettant fin à cette industrie qui est une menace extrême pour notre avenir et  celui de nos descendants. Dans cette mesure, nous avons cinq questions à poser aux membres du conseil  communal  d'Ans :

1)        En cas de catastrophe nucléaire et de confinement de la population suite aux instructions gouvernementales, comment se fera la distribution des pilules d'iodes dans les écoles où les enfants seront confinés pour une période indéterminée ? Des stocks sont-ils prévus dans les écoles et les autres lieux ou les citoyens seront bloqués hors de chez eux ?

2)        En cas d'évacuation de la population, un plan est-il prévu? Vers-où seront dirigés et accueillis les citoyens Ansois? Notons que la Wallonie est 50% plus peuplée que la région de Fukushima...

3)        À l'exemple des villes frontalières Allemandes et Hollandaises ainsi que de Liège depuis peu, comptez-vous vous engager pour la fermeture immédiate des 3 réacteurs belges les plus vétustes, Tihange 1, Doel 1 et 2? En rappelant que plus de 40 ans d'un bombardement neutronique intense de l'acier des cuves l'a fragilisé. De même, comptez-vous vous engager pour la fermeture immédiate des 2 réacteurs Tihange 2 et Doel 3 dont les cuves sont affaiblies par des milliers de fissures ? En rappelant qu'aujourd'hui, une cuve neuve présentant ces défauts serait refusée, comme l'a reconnu le directeur de l'AFCN le 18 janvier 2016, lors d'une rencontre avec la secrétaire d'État Luxembourgeoise, Camille Gira.

4)        Seriez-vous prêt, comme les conseillers communaux de Liège le 26 février 2018, à

signer une motion dans laquelle il serait écrit, nous citons   :

« Le Conseil communal... :

-          Demande la fermeture  immédiate  des réacteurs nucléaires de Tihange 2 et de Doel 3.

-          Demande le respect du calendrier  prévu pour la sortie du nucléaire, à savoir 2025.

-          Souhaite que la Commune joigne ses efforts, y compris sur le plan juridique, à ceux des nombreuses municipalités inscrites dans un large mouvement transfrontalier qui réclame la fermeture de la centrale nucléaire de Tihange. »

5)        Qu'avez-vous fait ou qu'allez-vous faire pour inciter le gouvernement et l'opérateur à engager une reconversion des travailleurs des centrales belges dans les techniques de démantèlement et, surtout, dans la filière des énergies renouvelables qui représente la seule source d'énergie durable et sûre ? Il serait très dommageable et incompréhensible de répéter les erreurs commises lors du déclin de la sidérurgie wallonne et devoir faire appel à des sociétés étrangères, que ce soit pour le démantèlement des centrales ou pour le déploiement à grande échelle de la filière du renouvelable.

Le Conseil peut-il s'engager à promouvoir  les énergies renouvelables  en  donnant

l'exemple par l'utilisation de l'énergie verte dans ses propres installations communales ? »

Il conclut en remerciant l’assistance de son attention.

En réponse à cette interpellation, M. le Bourgmestre précise que pour ce qui concerne la distribution des pilules d’iodes dans les écoles où les enfants seront confinés s’il devait y avoir un accident, ces comprimés ont été réceptionnés par l’Echevinat de l’Instruction publique et redistribués aux différentes écoles à la mi-avril. Une notice explicative y était jointe rappelant qu’il était impératif d’attendre les instructions gouvernementales avant de procéder à la distribution et à l’ingestion des comprimés. La date d’expiration de ces pilules est de trois années.

Pour ce qui concerne l’évacuation de la population, il précise qu’en matière de risque nucléaire, la mesure d’évacuation de la population n’est préparée « que » dans un rayon  maximal de 20 km de la centrale de sorte que la commune d’Ans n’est pas concernée. Toutefois, il est clair que le cas échéant, outre le plan d’urgence provincial, le plan d’urgence local sera également actionné et que les salles d’accueil communales telles que ciblées au plan communal d’urgence seront accessibles.

Il cède la parole à M. Grosch qui dans le cadre de la politique développement durable menée par la commune, explique que cette dernière mène une politique proactive en matière d’économies d’énergie. Il cite notamment les aides consenties aux investissements permettant cette économie. Il cite également les investissements communaux en énergie photovoltaïque. La commune contribue ainsi aux efforts à consentir pour mieux organiser la réponse à donner aux besoins en énergie. Elle se veut exemplative en la matière. Enfin, pour ce qui concerne les alertes SMS et autres, il précise que la commune a attendu le RGPD et ses implications avant d’envisager de mettre en place un tel système.

Le Bourgmestre remercie M. Looze pour son interpellation et précise que le débat n’est pas clos. Il n’est pas exclu que M. Looze soit invité à une prochaine commission du Conseil et il conclut en ajoutant que toutes les idées sont les bienvenues. »